50 nuances de flou
Discerner dans les moments de doute professionnel
Ces derniers mois, j’ai souvent entendu la même phrase, sous des formes différentes :
“J’ai besoin d’y voir plus clair.”
Elle vient de dirigeants, d’indépendants, de managers, de salariés en transition ou en situation de fragilité.
Derrière cette phrase, il n’y a pas toujours un simple besoin d’organisation ou de méthode.
Il y a parfois une entreprise qui s’essouffle.
- Un dirigeant qui commence à voir que le discernement n’est plus aussi net qu’avant.
- Un indépendant qui, après l’élan du départ, découvre le poids réel des contraintes.
- Un manager fragilisé par la maladie ou par une santé mentale qui se dégrade.
- Un salarié qui cherche à sécuriser la suite avant de se retrouver plus en difficulté.
C’est ce réel-là que je rencontre.
Quand plusieurs réalités se mélangent
En observant ces situations — et en les traversant parfois moi-même à ma mesure — je constate que le flou n’est pas seulement une question d’idées confuses.
Le flou apparaît souvent quand plusieurs plans se mélangent :
-
l’urgence économique
-
la fatigue
-
la charge émotionnelle
-
les limites de compétences
-
les responsabilités à tenir
-
la difficulté à regarder une réalité devenue moins confortable
Dans ces moments-là, il ne s’agit pas seulement de “prendre du recul”.
Il faut parfois accepter de voir que quelque chose ne tient plus comme avant :
un mode de fonctionnement, une posture, une organisation, une croyance sur soi, ou une façon de décider.
Le réel des accompagnements
Dans mon travail, je n’accompagne pas des situations parfaites.
J’accompagne souvent des moments où quelque chose craque, ralentit ou demande à être réajusté.
Par exemple :
– Un dirigeant qui doit faire face à des contraintes qu’il n’avait pas vraiment regardées.
– Un entrepreneur qui réalise que l’intuition et l’élan ne suffisent plus.
– Un manager qui doit continuer à tenir sa fonction alors que son énergie psychique ou physique est atteinte.
– Un salarié vulnérable qui cherche moins à “se réinventer” qu’à retrouver un point d’appui fiable pour la suite.
À ces endroits-là, les outils ne servent pas à plaquer des réponses.
Ils servent surtout à observer où ça grippe.
Où la décision se brouille.
Où la relation se tend.
Où l’on confond émotion, loyauté, peur, responsabilité et stratégie.
Où l’on continue parfois à faire “comme si”, alors qu’au fond quelque chose demande à être nommé autrement.
Une posture d’observation
Je ne parle pas de ces sujets depuis une position haute.
Je les observe depuis le terrain, avec ce que mon expérience me permet de voir, et aussi avec mes propres filtres.
Je fais partie, moi aussi, de cette humanité qui cherche à discerner dans des contextes complexes.
C’est peut-être pour cela que je me méfie des discours trop rapides, des réponses toutes faites, et des injonctions au changement.
Dans beaucoup de situations, le premier travail n’est pas d’agir plus vite.
C’est de reconnaître plus justement ce qui est en train de se passer.
Traverser le flou sans perdre son axe
Le flou ne disparaît pas complètement de la vie professionnelle.
Diriger, entreprendre, manager, traverser une maladie, un doute ou une phase de vulnérabilité implique toujours une part d’incertitude.
La vraie question est peut-être celle-ci :
« comment traverser le flou sans perdre totalement son axe, sa responsabilité ou sa capacité de choix ? »
Une série pour explorer ces situations
En avril, je partagerai ici une série de publications autour de ce sujet :
50 nuances de flou
J’y aborderai différentes formes de flou rencontrées dans le travail :
-
le flou stratégique
-
le flou relationnel
-
le flou émotionnel
-
le flou organisationnel
-
le flou des transitions professionnelles
Non pour apporter des recettes.
Mais pour regarder de plus près ce qui se joue quand les repères deviennent moins stables, et ce qui peut aider à retrouver un peu de discernement.
Article écrit par Angélique Pruniaux
Mise en forme éditoriale assistée par l’IA